samedi 19 octobre 2019

Toute première fois !

Il n'y a pas d'âge pour une première fois. Et pour Béa c'était ce matin.

Alors que nous partions tranquillement pour notre randonnée saturnale, Béatrice ouvre la porte de l'appartement, se penche pour enfiler ses chaussures posées sur le paillasson et par "réflexe" tourne la tête à gauche et c'est à ce moment là qu'elle tombe nez à nez avec sa première......

                                                                       MATOUTOU
J'ai immédiatement compris qu'il se passait quelque chose devant la porte mais quoi ? Je me suis alors approché à mon tour tandis que Béa reculait et ce fut aussi ma première fois en matière de Matoutou. Surnom guyanais de l'avicularia, la Matoutou est une araignée de la famille des mygales, facile à reconnaître car elle a le bout des pattes orange. En pratique, on n'a pas immédiatement vu la fameuse couleur orange et on est revenus vers elle prudemment.

Elle s'est mise en mouvement pour s'éloigner de nous et descendre le long du mur pour atteindre la porte des voisins du dessous jusqu'à finir sur leur paillasson.


Elle a continué son périple le long du mur pour rejoindre une nouvelle entrée et se poster de nouveau sur une porte. Son comportement est plutôt arboricole mais on sait désormais qu'elle aime aussi se promener sous les toits où elle trouve grillons, blattes et autres papillons.

Cette mygale est très peu agressive et il faut surtout se méfier des poils urticants qu'elle possède sous l'abdomen et projette en frottant ses pattes arrières. On va la laisser tranquille maintenant et désormais, pendant quelques jours, on va sûrement un peu plus souvent regarder notre entrée.
Même plus peur !     



vendredi 18 octobre 2019

le jacuzzi de Cacao

Que faire un jour de grande chaleur ?

Il fait chaud en ce moment et la pluie est très rare. Alors pourquoi ne pas trouver un endroit au "frais" à l'ombre des grands arbres de la forêt guyanaise. En voiture pour le jacuzzi de Cacao. Nous prenons la RN2, direction Saint Georges, laissons sur notre droite la route qui mène à Cacao et poursuivons jusqu'au PK 74. Maintenant nous devenons vigilants sur environ 300 m (compteur à l'appui) et remarquons comme prévu un parking sommaire sur la droite. Nous nous garons et un chemin bien marqué nous appelle dans la forêt.

Comme on nous l'avait indiqué, tout de suite à gauche dans le chemin, se trouve une carcasse abandonnée de véhicule, nous sommes au bon endroit. Le sentier est clair et nous mène rapidement à un carbet associatif en parfait état.


Cette fois le chemin se fait sente puis layon et suit le cours d'une crique mais pas de panique, il est suffisamment marqué pour ne pas perdre sa trace. Par endroit c'est un peu sportif car des chablis barrent le passage et obligent à un contournement ou à de l'escalade. Il faut aussi enjamber la crique en équilibre sur un tronc ou en sautant d'une pierre à l'autre grâce à un pont japonais improvisé.

Enfin le bout du chemin après une trentaine de minutes de randonnée et l'arrivée à une cascade qui s'est frayée un passage dans la roche et y a creusé quelques margelles : nous sommes au jacuzzi de Cacao.
On pose les sacs, on aménage le coin pique-nique et hop les pieds dans l'eau pour un apéro bien mérité. La sensation de fraîcheur est immédiate ainsi d'ailleurs que celle de l'isolement car à part le cri des oiseaux et le bruissement de la cascade, on est au calme au pied des grands arbres. Il faut en profiter car apparemment c'est un endroit qui peut être très fréquenté.

Après ce moment de bien-être, nous rejoignons la berge pour y prendre notre repas et aussi pour s'y mettre à l'abri car la pluie est au rendez-vous, un comble !


Cela ne dure pas et nous sommes encore loin des futures averses tropicales qui nous attendent dans quelques semaines. Maintenant direction la cascade pour tester les différents étages de ce spa géant. Si on attend de la fraîcheur, il faut dire que l'on est plutôt saisi au moment de l'entrée dans l'eau mais rapidement on s'y habitue et ensuite ce n'est "que du bonheur" !

Un dernier bain et on reprend le chemin du retour en prenant bien soin de camoufler toutes traces de notre passage afin de garder précieusement ce jardin secret...de polichinelle.



Le sentier des Salines

Il y a de nombreuses possibilités de promenades près de Cayenne et parmi les sentiers les plus agréables, les Salines de Montjoly est celui qui offre des paysages très variés. Il est composé :
- D’une plage sableuse qui constitue un site important de ponte des tortues marines, site d'autant plus important qu'il offre le rare privilège de pouvoir assister d'avril à août à la venue de 3 sortes de tortue, la tortue géante Luth, la tortue verte et la tortue olivâtre.

- D’un cordon dunaire qui possède une végétation typique de milieux sableux,
- D’une zone humide située en arrière du cordon dunaire décrite dans les guides comme l’une des plus  remarquables de l’Ile de Cayenne.

Le mot « Salines » pourrait laisser penser à une ancienne activité de récolte de sel. Ce n’est pas le cas des Salines de Montjoly. L’appellation vient sans doute des dépôts naturels de sel qui se forment après évaporation de l’eau de mer.

Nous commençons par la partie plage et tombons sur les inévitables anableps, ou 4 yeux, qui occupent la totalité de la frange littorale et qui fuient à notre approche pour mieux revenir après notre passage. Ils ont pour particularité d'avoir les yeux divisés en deux horizontalement d'où leur surnom (en anglais four-eyed fish). Ils évoluent surtout dans la partie vaseuse de la plage
Entre mer et étang, le cordon dunaire est recouvert de végétation avec notamment plusieurs espèces d'ipomées, véritables lianes rampantes avec de belles fleurs violettes, pratique pour fixer le sol sableux et ainsi limiter l'érosion.

Nous quittons maintenant la plage au bout d'une quinzaine de minutes pour pénétrer dans la mangrove, l'interface entre la mer et la terre. Véritables entrelacs de racines "échasses", c'est le territoire des palétuviers rouges, blancs et gris. Grace à une passerelle en bois, on évolue facilement et sans danger et on profite du décor. Si on observe le silence quelques instants, on verra alors sortir de trous le crabe violoniste avec sa pince hypertrophiée.




Nous laissons la mangrove dernière nous pour passer sous le couvert d'une végétation haute composée notamment de faux bananiers. Des plantes surprenantes attirent notre attention car elles ont l'air de pousser parfaitement à la verticale. Sont-ce des branches ou un parasite ? Pour les puristes se sont des aracées épiphytes (plus de 3800 espèces), et pour faire simple, il s'agit d'une plante qui en utilise une autre uniquement comme support sans la parasiter.



Avant de rejoindre le marais un prunier Monbin nous offre ses fruits au goût acidulé qui donnent une confiture à la saveur unique. Il va falloir goûter pour confirmer cette allégation. Avec le marais, c'est aussi le retour du soleil et de la chaleur. Un balbuzard pêcheur passe trop vite pour être photographié (il va falloir me croire) tandis que de nombreux oiseaux dont des hérons se cachent au sein d'une végétation dense. Il y aurait aussi des caïmans à lunettes mais il faut revenir la nuit pour tenter de les apercevoir.


Encore un changement de décor avec l'arrivée des palmiers awara et des arbres à boulets de canon. Pour le premier attention à ne pas se laisser distraire par les belles grappes de fruits rouges car ses épines fines et cassantes sauront vous rappeler que si la nature est belle, elle peut aussi être agressive ! Quand au second, Kouroupitoumou en guyanais, ouille ouille ouille si vous passez dessous au moment de la tombée de son fruit. Avec un poids qui peut atteindre 5 kilos le fruit, en forme de boulet de canon, est mature à 18 mois mais attend 2 ans et demi pour tomber. La pulpe est nauséabonde et toxique et sa couleur bleuâtre en fait une teinture indigo pour les amérindiens.





Cela fait bientôt 2 heures que nous parcourons ce bel endroit et nous vous laissons avec ces quelques fleurs qui concluent notre promenade.



vendredi 11 octobre 2019

Saint Georges de l'Oyapock et le saut Maripa - Fin

Réveil au chant des oiseaux et du coq.

La nuit s'est plutôt bien passée même si l'endormissement fut compliqué du fait de notre groupe de brésilien qui a parlé un peu fort et mis de très longues minutes à se dire bonne nuit. Boa Noite... Boa Noite...
Après un petit déjeuner à base de produits locaux plutôt gras (beurre très jaune, pâte de chocolat, confiture inconnue) et du vrai café... en poudre, notre guide arrive avec sa pirogue et nous embarquons direction le saut Maripa où nous passerons la journée au bord de l'eau.
Mais auparavant, comme toujours il nous faut aller récupérer soit du carburant, soit l'alimentation...comme en Afrique.
Nous remontons donc le fleuve Oiapock jusqu'à Oiapoque, la ville brésilienne de la région de l'Amapa qui fait quasiment face à St Georges. Désormais un pont relie les 2 villes mais cela n'empêche pas la noria de pirogues qui emportent pèle-mêle marchandises et passagers. Le pont a été inauguré en mars 2017 et au début il n'était pas ouvert en permanence. Depuis le mois d'août de cette année on peut passer en voiture particulière tous les jours entre 8h et 18h.

Nous accostons au Brésil et notre guide nous propose alors de faire un tour en ville car il a besoin de plus de temps pour préparer la journée. Il nous amène d'abord chez un menuisier qui "tourne" des objets à partir de nombreuses variétés de bois mais pas de chance il n'a rien en stock, tout est parti sur...Cayenne.

Nous rejoignons une petite boutique de souvenirs où nous pourrons néanmoins admirer de beaux objets en bois mais aussi de superbes sandales sculptées dans du pneumatique Michelin ou Hutchinson.

Le guide nous dépose alors au centre-ville où nous nous promenons tranquillement en attendant qu'il recueille tout le nécessaire. Nous passons dans un marché très coloré avec des amas de fruits et de marchandises parfaitement empilés dont la fameuse semoule de manioc, véritable plat national qui tient au corps.


Nous profitons de l'ambiance musicale et de l'esprit décontracté de ce petit bout de terre brésilienne en prenant un café sur une terrasse animée puis reprenons notre petite balade qui nous ramène tout doucement vers le quai où se trouve notre pirogue.

Notre guide nous attend et nous embarquons cette fois pour prendre la direction du saut Maripa. Nous avons environ une trentaine de minutes de pirogue avant d'arriver sur place et nous pouvons alors profiter des paysages de bord de fleuve.











Nous commençons à apercevoir les premiers remous mais juste avant d'arriver notre guide nous montre les rails qui sont installés au pied des rapides et qui permettent de faire franchir des marchandise, des pirogues et autres kayak en amont du fleuve.

Cette fois nous y sommes. Bienvenue au saut Maripa. D'après les manuels, ce saut est l'un des plus beaux de Guyane. Végétation luxuriante, paysages de roches rongées par les eaux tumultueuses. Nous débarquons quasiment au milieu du fleuve sur un espace rocailleux que nous escaladons pour atteindre un point de vue exceptionnel. On comprend mieux les difficultés pour les piroguiers qui pourtant arrivent à franchir ce monstre à la saison des pluies lorsque le niveau d'eau est suffisamment élevé pour cacher la roche. Voici une petite vidéo pour montrer l'adresse de notre guide.






Mais finie la balade, maintenant place à la baignade dans un jacuzzi géant, y-a-t-il des volontaires ? On saute du bateau ou de la berge ? La suite en images.


Après ce bain particulièrement vivifiant, tout le groupe est débarqué sur une autre zone rocheuse et boisée. Cette fois le lieu est propice à une baignade sereine et chacun va trouver son bonheur car il y a de très nombreux spots plus beaux les uns que les autres. Nous nous installons aussi pour y manger car un barbecue est prévu. Au menu spécialités brésiliennes, steak, riz, semoule de manioc ou kwak en créole guyanais, haricots rouges, saucisses brésiliennes légèrement épicées et la sauce chien  à base d'oignons et de fines herbes. Sans oublier l'inévitable "Caïpi", un équivalent du ti-ponch où le rhum est remplacé par la cachaça.




Après ce bon repas, petite baignade ou sieste à l'ombre puis le guide nous propose une promenade digestive qui doit nous permettre de rejoindre l'amont du saut. Nous rembarquons pour 5 minutes de pirogue et nous mettons pieds à terre pour entamer le circuit forestier. Une vingtaine de minutes plus tard nous retrouvons une berge de cet îlot central et après le bouillonnement sonore du pied du saut c'est désormais un léger bruissement qui nous accueille.

Nous progressons maintenant à travers un réseau de roches pour atteindre finalement une zone de baignade calme qui nous tend les bras. Bien évidemment on va en profiter car on l'aurait presque oublié mais il fait vraiment très chaud et déjà les coups de soleil sont au rendez-vous.

De retour au camp de base, il est temps de rentrer sur Oiapoque où nous avons prévu de prendre notre dîner dans un restaurant avec tout un ensemble hôtelier que nous aurons sûrement l'occasion de tester lors d'un prochain séjour. Mais auparavant, nous rejoignons un troisième emplacement situé au cœur du saut pour profiter une dernière fois d'un magnifique panorama.



Au chalet paradis,  c'est le nom du complexe hôtelier où nous allons prendre notre repas. Il dispose de nombreux bungalows parfaitement équipés, l'ensemble posé au sein d'un parc arboré où se promènent tranquillement de très beaux spécimens d'oiseaux comme la Pione à tête bleue ou l'ara.


La soirée va passer tranquillement et la nuit est tombée lorsque nous prenons une pirogue taxi pour nous ramener à l'Ilha do sol pour notre deuxième nuit. Elle devrait être plus calme car le groupe de la veille est partie.
Réveil dans le brouillard. Très surprenant car à ce moment-là nous n'apercevons plus les berges et l'ambiance est fantomatique. Nous attendons le petit-déjeuner et  notre piroguier qui bientôt doit nous déposer à Saint Georges. Au fait, la nuit fut aussi perturbée par un peu de boum ! boum ! Et oui, le samedi soir c'est la fête au Brésil à Oiapoque et 1 km à vol d'oiseau sur un fleuve ce n'est pas un obstacle pour les décibels crachés par des enceintes monstrueuses. 
Nous reprenons la route pour atteindre vers midi l'auberge de l'Approuague où nous attend le maître de maison qui a concocté juste pour nous un délicieux repas  à base de terrine d'acoupa et de cochon-bois puis un poisson torche (péché juste en dessous dans le fleuve Approuague bien sûr) accompagné d'un sublime gratin de papayes, comme plat principal. Et pour finir en beauté une aumônière avec sa crêpe maison et une glace vanille.  Un régal !


J'ai failli oublier ! Lors de l'emprunt d'une petite route en latérite nous avons du attendre que monsieur le serpent Micrurus Psyché veuille bien traverser. On accepte volontiers d'être patient dans ces moments-là !
Près de 2 mètres !




Il est prêt de 17 h lorsque nous touchons Cayenne avec des nouveaux souvenirs plein la tête. Très belle virée dans l'Est guyanais.