dimanche 14 juin 2020

Quelques insolites !

Juste pour le plaisir quelques photographies prises ce weekend. Ne cherchez pas de cohérence dans tout cela, il n'y en a pas.

Tout d'abord petit tour sur la plage de Montabo où une aigrette neigeuse ou blanche selon les régions a joué la star en défilant très gracieusement juste devant nous.



Moins glamour, un poisson globe échoué sur le sable en position défensive c'est à dire gonflé à bloc. Trop tard pour lui ! Avez-vous remarqué ses 4 dents qui lui dessinent une drôle de figure et qui expliquent son nom de famille! il se classe en effet dans le groupe des tétraodons, du grec ancien "tetra", quatre et "odous", dent.



Retournons à la résidence et observons la nature à partir du balcon. 


Nos copines les chauves-souris prennent la pose juste au-dessus de notre tête.


Et que se passe-t-il dans notre beau flamboyant ?

Une magnifique Conure cuivrée, genre de perroquet, vient de s'y poser furtivement. D'habitude on les aperçoit au loin, hors de portée et volant à tire-d'aile.


Notre colibri aussi profite du soleil. Lui c'est un habitué de notre jardin.


Quant aux innombrables kikiwis qui nous maintiennent éveillés grâce, où à cause, de leurs cris incessants, ki.....ki......wiiiiiiiiiiiiii...et bien nous les avons surpris en pleine construction d'un nid. Le coton blanc c'est du kapok qui provient des gousses des fromagers de notre quartier.




 Et pour conclure notre belle buse cendrée a enfin daigné se montrer sous son meilleur jour en posant plein soleil sur l'arbre à pain situé devant la résidence. Bonne journée.





Le sentier de la réserve Trésor

Avant le retour d'un confinement partiel nous profitons d'une journée de disponible pour partir à 1 heure de Cayenne et nous promener au sein de la réserve Trésor située entre Roura et les marais de Kaw. Nous avons déjà fait cette petite randonnée et elle nous avait apporté son lot de belles surprises.

Nous pénétrons rapidement en pleine forêt et l'ombre des grands arbres nous protège immédiatement de la morsure du soleil. Le sentier n'est pas large mais suffisamment marqué et cela nous immerge un peu plus dans cette nature luxuriante. L'inconvénient est qu'il faut ouvrir grand les yeux pour ne pas glisser sur une racine tout en faisant attention aux branches qui pourraient se trouver à mi-hauteur et de temps en temps lever la tête car la canopée bruisse de sons non identifiés. Heureusement nous sommes quatre et nous pouvons nous répartir les zones d'observations pour essayer de ne pas passer à côté d'une belle découverte.
Au milieu de tout ce vert, les éléments colorés sont évidement facilement repérables et cela concerne surtout les plantes. Celle présentée ci-dessus et à droite est plutôt commune, il s'agit de la Canne Congo ou Costus Scaber. Plante de sous-bois, elle est facilement reconnaissable notamment par le port caractéristique des tiges en colimaçon. Grâce à cette structure, les feuilles sont parfaitement horizontales et toutes disposées vers l'extérieur évitant ainsi de se faire mutuellement de l'ombre et optimiser la récupération du faible rayonnement solaire. Encore une belle adaptation ! J'essaierai de faire une photo plus démonstrative.

Nous continuons notre lente progression et restons attentifs au moindre mouvement qui pourrait apparaître dans notre vision périphérique. Si l'animal ne bouge pas alors on passe tout à côté sans le voir. Et justement un objet non identifié vient de bondir à moins de 2 mètres sur le sentier avant de s'immobiliser. Trop tard pour lui ! Il est repéré. Nous avançons prudemment pour ne pas le faire fuir...
...un magnifique dendrobate à tapirer (voir l'article Les sentiers Trésor et Coq de roches). Encore plus beau que la première fois car nous n'avions pu déceler la couleur bleue. Je vous laisse apprécier.




Cette sortie commence bien et maintenant faisons un petit tour dans la canopée. Bien sûr vue du sol car aujourd'hui pas de pont de lianes ni de rappel. Des cris d'oiseaux retentissent de tous côtés aussi différents les uns des autres et à part des vols très furtifs rien de photogénique. Pourtant un raffut particulier nous pousse à nous arrêter plus longuement, il y a comme une sorte de combat de volatiles au-dessus de notre tête mais nous ne pouvons qu'imaginer car la densité des feuilles est trop importante. Comme au sol, il faut surveiller les mouvements périphériques et faire preuve de patience. Et la patience paie. Près de 5 minutes à observer et soudain, le calme revenu, elle fait son apparition, bien posée sur une branche à plus de 20 mètres de haut, elle, la Pénélope Marail, espèce endémique de l'Amérique du sud. Certains la traitent de pintade et elle fait le régal des chasseurs, dans tous les cas elle vit essentiellement de fruits dans les arbres et descend rarement au sol. Je viens de "capturer" mon 58° oiseaux en Guyane.

Je vais rester encore 5 minutes à l'observer mais elle sera plus patiente que moi et ne changera pas de pose. 

La promenade se poursuit et on se demande bien si la chance va continuer à nous sourire. Toujours autant de bruit mais rien de bien visible et une fois encore c'est le monde du tout petit qui va nous donner une belle observation.
Grâce à Laurent, surnommé Œil de Lynx, à l’affût de la moindre forme ou ombre anormales, nous tombons sur un bébé mygale, un mygalon, aperçu en contre-jour sur une large feuille de palmier. Inutile de dire que pour le prendre en photo c'est quasiment en mode macroscopique. Et hop ! Dans la boîte.

Encore 30 minutes de randonnée sans nouvelle surprise, juste profiter du moment présent et admirer ce que la nature veut bien nous laisser voir si l'on se donne la peine de prendre le temps.







Nous rejoignons le parking juste avant l'arrivée de la pluie et reprenons tranquillement la route pour Cayenne. Un véhicule revient sur moi plutôt vite aussi je cherche un bas-côté praticable pour le laisser me doubler et cette manœuvre anodine qui va me faire perdre une trentaine de secondes va avoir une conséquence incroyable !

Nous roulons prudemment depuis une quinzaine de minutes sur une portion de bitume un peu abîmé lorsque Laurent aperçoit dans l'herbe sur notre droite un paresseux à plat ventre qui cherche à traverser. Le temps de m'arrêter, faire marche arrière et me garer le paresseux a atteint le goudron. Tout le monde descend et nous assistons en direct au sprint de l'aï, car il possède trois griffes à chaque patte, qui franchit au plus vite cet obstacle, la route, véritable danger mortel. Contrairement aux apparences et à mes idées reçues, il se déplace plutôt rapidement au sol et à part une pause aux pieds des arbres pour nous observer à son tour, évaluation de la menace peut-être, il a effectué sa manœuvre d'un trait.





Et dès qu'il a touché le premier tronc, il a fait preuve d'une extrême agilité digne d'un varappeur de haut niveau. Quel spectacle ! J'ai bien fait de laisser passer le véhicule...












dimanche 7 juin 2020

La cigale de Guyane

Comme nous avions un créneau de 2 heures nous sommes partis nous promener non loin de chez nous, en empruntant le sentier de la colline de Montabo. On se situe à Cayenne et pourtant en à peine quelques mètres on se retrouve en pleine forêt tropicale. Le sentier en aller-retour fait environ 4 kilomètres et nous donne accès à la mer à 2 reprises.


Un petit parking proche de l'Institut de recherche et développement permet de laisser le véhicule en sécurité et le sentier démarre juste derrière les bâtiments. En ce moment une immense vasière occupe le littoral et je dis en ce moment car la côte guyanaise est soumise aux bancs de limons évacués inexorablement par le fleuve Amazone situé à peine 500 km vers le Sud.

Le littoral guyanais évolue donc par cycle de 5 à 10 ans en passant de la vase à la mangrove, enchevêtrement de branches et de racines de palétuviers et vice et versa.


Ce sentier est très fréquenté mais aujourd'hui nous ne croiserons pas plus d'une dizaine de personnes. La végétation est dense et nous entendons beaucoup plus que nous ne voyons. Au programme du jour, un serpent très fin d'un mètre, un agouti, un iguane et des lézards. 


Côté mer, des oiseaux bien sûrs mais point de dauphins ni de lamantins. Nous reviendrons à marée haute !


Sur le retour nous sommes bien sûr soumis aux bruits stridents des cigales toujours aussi invisibles. Et bien aujourd'hui elles se laissent enfin apercevoir. Là, sur le tronc d'un arbre proche du sentier, une cigale apparaît distinctement en contre-jour. Nous savons enfin à quoi cela ressemble. Pas loin de 5 cm de longueur, de magnifiques ailes translucides et une teinte verdâtre.




Nous nous approchons en douceur et pouvons en distinguer 3 autres sur le même tronc. Et comme par hasard, c'est une cigale que nous trouvons prise au piège d'une toile d'araignée un peu plus loin. N'écoutant que notre courage, nous la libérerons du traquenard dans lequel elle était tombée.



Je vous laisse profiter du chant mélodieux de la cigale libérée appelé cymbalisation, résultat de la déformation d'une membrane et non pas stridulation comme pour un criquet qui frotte 2 parties de son corps.





dimanche 31 mai 2020

Le sentier de la montagne des singes

Weekend de la Pentecôte 2020.

Nous sommes le samedi 30 mai et la météo semble prédire un weekend pluvieux sauf peut-être ce samedi. Nous préparons un pique-nique, chargeons le sac à dos et prenons la route de Kourou pour rejoindre à environ 60 km de Cayenne un petit sentier de randonnée d'une longueur de 4 km avec un bon dénivelé. C'est le sentier de la montagne des singes. En fait de singes, pas de suspens, nous n'en verrons pas, tout comme la première fois que nous sommes venus mais peu importe d'autres surprises nous attendent sûrement.


La boucle principale se parcours tranquillement en 3 h et on peut même ajouter 600 m de sentier botanique. Il y a de nombreuses voitures au niveau du parking mais il s'agit sans doute de coureurs venus se mesurer au denivelé de cette piste. On croise les doigts pour pouvoir être tranquille au niveau du carbet qui doit nous servir d'abri pour le pique-nique. Malgré toutes les pluies des derniers jours le sol n'est pas aussi détrempé que l'on imaginait et nous débutons cette balade au sec. 

Cela ne dure pas et nous pataugeons bientôt dans l'eau courante du sentier transformé en petit ruisseau mais rien de bien gênant car il y a suffisamment de pierres pour sauter de l'une à l'autre et éviter de se mouiller les pieds.

La forêt est très calme et nous n'avons pas l'habitude d'une telle sérénité, les animaux seraient-ils encore confinés ? Le soleil est par contre présent et il joue avec les arbres nous offrant ainsi de jolis jeux de lumières au niveau du sous-bois. Pour l'instant nous profitons donc de la beauté sauvage de cette végétation tropicale dont on ne se lasse pas.
 









La nature réserve toujours des surprises et Béatrice se transforme en un instant en amérindienne grâce à cette magnifique feuille de bois-canon tandis qu'un tronc tranché pour maintenir le sentier ouvert laisse apparaître un joli cœur. 



La piste reste agréable et nous progressons en montagnes russes avec montées, descentes et contournements d'arbres. Le passage devient sablonneux et bientôt il faut accepter de mouiller les chaussures car point d'évitement possible. Nous atteignons une petite crique qu'un ponton permet de franchir. Des points brillants attirent notre attention dans l'eau et en 2 temps trois mouvements nous devenons des chercheurs d'or. En vain ! Au raz de l'eau par contre on voit mieux les plantes aquatiques et notamment celle qui supporte sans difficulté apparente ses 2 fleurs en forme de pompon, une Thurnia sphaerocephala. C'est classe de le dire !





Les lianes sont toujours imaginatives et je pourrais les photographier toute la journée tandis qu'une  psychotria peoppigiana  fait son apparition. Indice "bouche aux lèvres pulpeuses avec une myrtille en son centre". Un peu plus loin un cri  inhabituel d'oiseau nous invite à un arrêt observation. A partir de maintenant soit on patiente soit on s'en va. Alors on patiente ! Guidés par le cri nous cherchons à localiser une première zone sur laquelle poser notre attention puis il faut faire confiance à sa vision périphérique pour détecter les mouvements insolites et enfin...avoir de la chance. Là, devant nous, à une dizaine de mètres en hauteur, tranquillement posé sur un tronc, un superbe pic. Quelques recherches à la maison permettront de le classer comme pic mordoré mais c'est à confirmer alors à vos ordinateurs, chères lectrices et chers lecteurs !

 

Et voilà, la sortie est d'ores et déjà réussie car nous ramenons une nouvelle observation d'oiseau, la collection s’agrandit. Plus loin un palmier comou toujours aussi photogénique nous présente une magnifique chevelure tandis que le tronc de cet arbre non identifié se dresse fièrement vers la canopée. Mais bientôt arrive le clou du spectacle...




Christophe qui marche en tête s'arrête soudainement et regarde légèrement en arrière sur sa gauche. Il dira ensuite qu'il a entendu un glissement. A 2 mètres environ, dans la végétation rase au bord du sentier, un serpent vient de se déplacer tout en douceur. Nous approchons sans bruit et j'ai le temps de prendre la première photo lorsqu'il est encore en mouvement. Il finit par s'immobiliser en se positionnant parallèlement au sentier et à partir de maintenant nous allons pouvoir l'observer. Il semble serein et continue sa recherche au raz du sol car nous voyons nettement sa langue fourchue tâter le terrain.


Nous restons cinq bonnes minutes dans cette position et nous finissons par apercevoir nettement ses couleurs, jaune sur le ventre et gris bleu sur le dessus. Sa forme de tête plus allongée que triangulaire nous laisse à penser que nous sommes en présence d'une "couleuvre" mais il faudra attendre le retour à domicile pour essayer de l'identifier. Il s'agit d'un serpent chasseur, très courant en Guyane. Peut-être un "démesuré" ou un "souligné". En tout cas il est inoffensif et peut atteindre les 2 mètres. Il se nourrit de batraciens et de petits rongeurs et traîne au sol en journée, son terrain de jeu préféré. Bon il est temps de le laisser tranquille et de lui souhaiter bonne chasse ! Encore une belle observation.


Après ce beau moment qui montre combien un serpent est "hypnotisant", nous attaquons la dernière partie du sentier qui mène au carbet. La pente finale est raide mais la vue au sommet vaut l'effort. Il n'y a personne à notre arrivée et nous allons pouvoir nous installer confortablement pour prendre un casse-croûte bien mérité. Mais avant profitons du panorama ! Kourou, le fleuve du même nom, les îles du Salut et le Centre spatiale guyanais, rien que çà !



Nous allons bien profiter de ce moment de sérénité et très peu de personnes viendront nous déranger. Ce calme favorise aussi la venue des animaux et des lézards vont arpenter le terrain autour et sous le carbet en toute tranquillité. Un Naucler (ou Milan) à queue fourchue nous survole un instant, sans doute a-il aussi aperçu les lézards dont il se nourrit lorsqu'il se lasse des insectes.




Une bonne heure plus tard nous "décampons" et redescendons au parking en passant par le sentier botanique. C'est encore l'occasion de faire quelques clichés et d'admirer une dernière fois, pour aujourd'hui, quelques arbres majestueux tellement grands que l'on ne peut apercevoir leur cime. Voilà une sortie pleine de belles surprises !