mardi 14 juillet 2020

Le sentier de l'anse à Sinnamary

Jeudi 9 juillet.

Le couvre feu en semaine est à 17 h aussi nous avons une bonne journée devant nous pour organiser une sortie sur un sentier éloigné de Cayenne. Il y en a encore un que nous n'avons pas fait, c'est celui de l'Anse situé sur la commune de Sinnamary. Il va nous falloir 2 heures pour atteindre le point de départ de cette randonnée. Il faut traverser la commune par sa rue principale puis prendre à droite la rue Barbé Marbois. On enjambe rapidement le pont Philippon puis encore une dizaine de kilomètres d'une piste correcte nous amène à une barrière et le panneau d'information du Centre spatiale guyanais qui présente la balade.


Historiquement, la piste bitumée que nous avons empruntée était l'ancienne route qui menait à Kourou. Le parcours qui nous attend fait 15 km en aller-retour et comporte 5 stations pédagogiques qui nous permettront de mieux comprendre les particularités biologiques de ce morceau de Guyane. Le sentier est la plupart du temps couvert par une végétation qui laisse peu passer la lumière ce qui ne facilitera pas les prises de vue photographiques mais nous protégera de la morsure du soleil. Pour l'instant le sol couvert de feuilles est très sec et nous les faisons craquer quasiment à chaque pas, pour la discrétion on repassera !



La nature nous réserve toujours des surprises et voilà une termitière qui se carapate à notre approche. Mais où a-t-elle la tête ?


Nous atteignons le PK 2 où se trouve la première halte pédagogique relative au marais. Un joli kiosque de bois est bâti au bout d'un ponton et nous offre une très belle vue entre mangrove et cordon dunaire. Quelques oiseaux survolent la zone et bien sûr les grenouilles assurent la partie concert. C'est un endroit très agréable pour une première pause fraîcheur. 






Nous reprenons notre progression et bientôt un magnifique Anis des palétuviers transperce la végétation  tel un éclair bleu juste devant nous. Ils sont nombreux et on les entend très bien, par contre difficile d'en "capturer" un. A propos de végétation, nous arrivons bientôt devant un immense arbre totalement envahi par un philodendron qui a développé une quantité impressionnante de racines aériennes, c'est un courbaril. Il est connu sous un autre nom moins glamour, le caca chien en référence à la forme de son fruit.  Mais ne nous y trompons pas, ce fruit contient des graines rondes et brillantes entourées d'une pulpe très appréciée. L'autre intérêt de cet arbre c'est qu'il possède des branches qui poussent presque horizontalement ce qui nous change de la verticalité habituelle des grands arbres tropicaux.



Le chemin reste agréable et bientôt un premier chablis nous barre la route. Il va y en avoir d'autres et ils ne seront pas tous faciles à contourner.  Le coupe-coupe n'aurait pas été inutile ! grrrrrrrrrr ! Sinon l'autre point noir de ce circuit c'est les moustiques et les mouches, impossible de s'arrêter plus de 10 secondes ! Bon les mouches, on s'habitue car finalement elles se posent sur nos couvre-chefs mais les moustiques...



Heureusement que les oiseaux sont là pour nous distraire. Ils apparaissent furtivement sous le couvert végétal et par moment il y en a vraiment beaucoup et de nombreuses espèces. Là un martin-pêcheur nain, ici un jacamar vert ou encore un tyran féroce.




Bientôt la forêt de Moucaya, sorte de palmiers, et toujours un beau sentier couvert qui me permet de découvrir, soit Béatrice juste derrière moi soit...un agouti juste devant.




 



Encore un chablis qui nous oblige à nous baisser puis peu de temps après un grand brouhaha dans les arbres nous immobilise. Des cris, des branches qui bougent mais toujours rien de visible. Puis enfin un premier animal descend le long d'un tronc, un singe ? Non plutôt un mammifère, assez longiligne, court sur pattes avec une longue queue en panache. Impossible à identifier sur le moment. Il en descend de tous les côtés mais la densité de la végétation m'empêche de "figer" la bestiole. De retour à la maison j'ai essayé de donner un nom à cet inconnu et j'ai d'abord trouvé la teyra, sorte de martre qui affectionne les marais et qui est décrite comme suit : Pelage noir sur la plus grande partie du corps avec une queue assez longue et touffue. Mais voilà en examinant de près mon cliché flou, je crois aussi voir un coati, petit animal arboricole qui vit en bande dans la région et qui n'hésite pas à se poster à mi-hauteur sur un arbre pour nous observer, comme sur la photo. Il va falloir y retourner.



Nous venons de passer un très bon moment car c'est la première fois depuis le début de notre séjour que nous avons en milieu naturel autant d'animaux en même temps et aussi près surtout. Les oiseaux continuent également de nous surprendre et voilà maintenant un pic jaune qui me laisse un peu de répit.




Sinon une grenouille bien sûr, une sortie sans grenouille ce n'est pas possible !


Un dernier chablis nous bloque à 500 m de l'objectif final. Il faudra vraiment revenir et équipé d'un sabre cette fois. 

Retour par le même chemin bien sûr et pose devant une fourmilière en attendant le tamanoir qui vit dans cette zone littorale. On n'a pas attendu assez longtemps pour le voir. Une dernière halte au kiosque en bois va me permettre de compléter ma collection d'oiseaux en y ajoutant un magnifique Synallaxe à gorge jaune. Il faudra vraiment refaire cette sortie !













lundi 6 juillet 2020

2° weekend de confinement

4 et 5 juillet 2020.

2° weekend de confinement et en ce samedi nous programmons une sortie vélo sur la route des plages. Nous partons pour un tour de 25 km mais au bout de 12 km c'est la crevaison pour Béa. Impossible à réparer car la chambre à air est ouverte sur 1,5 cm juste à côté de la valve. Malgré la pose de 3 rustines rien à faire ! Je rentre à la maison chercher la voiture et hop le vélo dans le coffre. Petit tour à la piscine pour conclure cette matinée et maintenant place au confinement.

Dimanche matin. On se munie de notre attestation nous autorisant 1 heure de sortie et nous faisons le tour du quartier en passant par la plage qui se situe dans notre rayon d'1 kilomètre. Peu de monde dehors, sûrement l'effet confinement mais surtout celui du  démarrage des congés d'été et le retour en métropole de nombreuses personnes qui ont "fui" la Guyane car ici il n'y aura rien à faire pendant au moins 4 semaines encore, à minima. Et dire que nous devrions être aujourd'hui au Brésil pour un road trip sud-américain. Ce n'est que partie remise et le moral reste haut. Youhou !

La bonne nouvelle du jour c'est que ma collection d'oiseaux vient de s’agrandir de 6 nouvelles espèces que je vous présente ci-dessous. Jack pot incroyable !

Un petit tour plage de Montabo permet de tomber sur notre premier Bihoreau gris. Traînant au milieu des aigrettes il appartient à la famille des hérons et attend sagement sa proie qu'il harponne en détendant rapidement son long bec. A peine plus loin un juvénile parfait son apprentissage avec moins de réussite. 



Plus difficile à capturer, les hirondelles et autres martinets. Voici une hirondelle Chalybée. Elle fréquente toujours la même partie de la plage mais elle est toujours en mouvement.


Petit tour maintenant dans la zone universitaire. Et voici un moqueur des savanes. Proche du tyran gris il se distingue néanmoins grâce à sa tête blanche.



Et quelle sera la prochaine surprise ? Et bien pourquoi pas le Moucherolle à tête blanche. 10 cm et 10 grammes, il faut le trouver !



Juste pour rire, avant de partir en promenade, une drôle de forme attire mon attention sur le fromager qui se trouve juste devant notre résidence. Je prends les jumelles et j’aperçois...un canard. C'est celui de la basse-cour située dans notre rue. D'habitude il se promène aux alentours mais c'est la première fois qu'il va si loin. Un vrai titre de roman, "le canard sur le fromager".


Bon continuons notre "chasse photographique" car après tout peut-être que nous pouvons encore être surpris. Un flash rouge nous survole et disparaît dans un bois-canon. Nous n'avons pas rêvé alors nous cherchons un peu et un bruit de marteau-piqueur attire notre attention. Il est là, le pic Ouentou avec son iroquoise rouge vif et son ventre fauve. De toute beauté ! Et de cinq !



Et pour conclure, délicatement posé sur une branche basse et semblant prendre la pose en nous attendant, un joli petit tyran mélancolique reconnaissable à sa tête grise et son ventre jaune. Quelle journée.




dimanche 28 juin 2020

L'iguane de la résidence Océane

Je sais que je vous ai déjà parlé de lui mais je ne résiste pas à l'idée de lui faire encore un article et peut-être même un "book" car c'est une vraie star ! Je parle de notre iguane que nous voyons évoluer désormais quasiment chaque jour autour de notre piscine.

C'est un véritable rituel. Il part du mur de gauche, observe un instant puis parcourt par petits bonds successifs le mur situé en face. Il atteint alors le toit de la cabane de jardin qui lui permet de rejoindre un petit arbuste dans lequel il fait souvent une pose pour grignoter au passage quelques insectes. Ensuite il descend le long du tronc puis fait un exercice d'équilibre sur la palissade qui protège la piscine pour enfin retrouver un terrain plus favorable, le tronc du palmier qu'il va escalader jusqu'à son faîte. Final en beauté, notre iguane s'allonge de tout son long sur une haute palme et observe tranquillement les nageurs qui évoluent juste en dessous de lui. Chapeau l'artiste !























Re-confinement et le sentier de Lamirande

28 juin 2020.

Et voilà comme on pouvait s'y attendre la Guyane flambe à son tour et le virus circule sans contrainte sur l'ensemble du territoire. Conséquence, le couvre-feu est remis en place et le temps libre quotidien rétrécie à vue d’œil. Pour l'instant on doit être à la maison dès 17 h en semaine et le weekend fin des activités à 13 h le samedi.

Alors direction le sentier de Lamirande à 15 km de Cayenne juste avant Matoury pour une promenade de 2 h 30 en pleine forêt. Peu d'observations remarquables, à croire que les animaux sont aussi confinés, mais peu importe, l'essentiel est de prendre un bon bol d'air tropical avant de se retrouver enfermés. Plus grande réserve périurbaine de France, la réserve naturelle nationale du Mont Grand Matoury nous permet de découvrir de la forêt primaire, une richesse si proche de Cayenne.


Il ne faut pas louper l'entrée de la route forestière située sur la droite sur la RN2 peu après le palais omnisports. Une piste rectiligne nous emmène à un petit parking, point de départ du sentier de Lamirande. On apprécie notre Duster à ce moment-là car le terrain est abîmé et de nombreuses flaques boueuses ponctuent le parcours sans compter le final où le mode 4x4 peut s'avérer utile. Béatrice a sorti ses bottes et elle a eu raison car le terrain est particulièrement détrempé.

Après un premier kilomètre de sentier en pleine luxuriance nous arrivons au début du parcours proprement dit. Il se compose de deux boucles que nous pouvons enchaîner les jours de grande forme. Nous avons fait toutes les configurations possibles et aujourd’hui se sera le "complet", les cascades puis le Papayo.

En commençant ainsi on démarre par les dénivelés les plus importants et on atteint un belvédère qui nous offre par beau temps une belle vue sur Cayenne et l'embouchure de sa rivière. La sensation d'immersion est totale car le sentier, s'il est bien marqué, ressemble souvent à un simple layon et de nombreux passages sont coupés par des ruissellements qui nous obligent à nous mouiller les pieds, sauf pour celle qui a des bottes...
 
Si cette journée ne nous apporte pas de  découverte originale, juste un nouvel oiseau tout de même, les autres sorties sur ce sentier nous ont amené à faire de belles rencontres comme un écureuil, des singes saïmiris ou tamarins.



Et même un paresseux...


L'arrivée au belvédère est l'occasion de souffler un peu et de profiter d'un aperçu sur Cayenne ce qui est très rare car généralement les forêts sont trop denses et sans la main de l'homme... point de vue !







Encore un petit effort pour atteindre la partie la plus élevée du circuit qui n'est pas matérialisée et nous restons quelques minutes sur une ligne de crête avant de descendre très progressivement en faisant bien attention aux pièges innombrables tendus en travers du layon. Difficile en même temps d'observer la nature et de surveiller ses pieds. La 2° boucle se fait également sans souci et les arbres remarquables sont plus nombreux. Un lézard par ci, des fourmis par là où une iule à hauteur d'yeux.







Même si le chemin est fréquenté on est quand même le plus souvent isolés et le dépaysement est total, une vraie bouffée d'oxygène en pleine période de confinement. Et que l'on est petit au milieu de tous ces géants... 





Bientôt la fin du circuit et voici ma dernière trouvaille, ce bel oiseau noir à la tâche jaune dans le dos. Il me reste à l'identifier. Retour à la maison vers 12 h, et maintenant repos bien mérité et plongeon dans la piscine.