mercredi 7 avril 2021

Vers les communes de l'Ouest, le gîte d'Angoulême !

Direction l'Ouest guyanais ! Il nous reste encore du territoire à découvrir et pour le weekend de Pâques nous allons nous rendre à Saint Laurent du Maroni, la grande ville de l'ouest sur son fleuve mythique. Mais avant de rejoindre cette zone nous allons commencer par la partie littorale.

Nous partons un mercredi vers 14 h avec l'objectif d'atteindre vers 17 h notre hébergement pour 2 jours, le gîte d'Angoulême. Une fois franchi le barrage d'Iracoubo en ayant montré patte blanche avec nos attestations, il reste une petite heure de route et Saint Laurent est à notre portée.


Mais nul besoin d'aller si loin, aujourd'hui nous nous contenterons d'atteindre PK 207 où se situe l'entrée du gîte. On ne peut pas louper le panneau.


Nous nous engageons alors sur une belle piste de sable blanc d'une longueur totale de 4 km. A part quelques zones boueuses, le parcours est aisé et on pourrait passer avec tout type de véhicule, pas besoin de 4x4. On roule doucement car bien sûr on espère "tomber" sur quelque chose.

Rien en vue à part cet énorme crapaud buffle qui a traversé la piste juste devant nous !

Comme souvent la végétation est aussi luxuriante et nous apercevons cependant facilement en bord de route de magnifiques arbres aux troncs élancés et joliment camouflés.

2 km avant d'arriver, les bas-côtés sont un peu plus dégagés et manifestement les propriétaires du lieu sont intervenus pour mettre en valeur la piste avec des plantations particulières comme des petits palmiers ou des plantes à floraison colorée. Nous arrivons aux premières bâtisses et sommes accueillis par des aboiements lourds, 2 magnifiques malinois font le tour de notre véhicule et nous laissent descendre sans aucune difficultés. Vous aurez l'occasion de les voir plus loin. Franck, notre hôte pour 2 jours, nous accueille chaleureusement et nous amène à notre gîte.

Aujourd'hui nous serons les seuls clients et nous allons profiter pleinement de ce moment de grande tranquillité. Le gîte mis à notre disposition comprend 5 couchages, une belle terrasse avec vue sur le jardin, une cuisine pour être complètement autonome, WC et douche. Le luxe quoi !

Accès au coin sanitaire !

En ce qui nous concerne, nous avons opté pour le grand lit en mezzanine.

La cuisine toute équipée !

Notre mezzanine vue de la cuisine !

Vue sur la canopée avec sa brume de chaleur !

Le gîte est totalement intégré dans la nature et au sein d'un parc arboré et très fleuri. Il dispose aussi de son accès privilégié au fleuve Mana. Ce fleuve d'une longueur de 460 km et coupé par 99 sauts prend sa source dans le massif central guyanais au nord-ouest du bourg de Saül où nous étions il y a une quinzaine de jours. La Mana a son embouchure avec l'océan Atlantique, au sud de la Pointe Isère, au nord du village de Awala-Yalimapo, avec la plage des Hattes, et à l'est de l'embouchure du Maroni. Nous y serons demain.


La fin de journée arrive et nous suivons le conseil de Franck qui nous a suggéré un bon bain dans le fleuve mais avec prudence car le niveau est haut et il y a beaucoup de courant. Nous empruntons le petit sentier aménagé dans un terrain en forte pente et en peu de temps nous rejoignons la rive.



Comme prévu je profite d'un bon bain mais ne vous fiez pas à la photo, il y a beaucoup de courant et je suis resté sur une dalle rocheuse proche du bord. Si je devais m'éloigner de 2 mètres supplémentaires il n'y aurait plus qu'à me récupérer 40 km plus loin à l'embouchure.

Ce camp est très fleuri et fait le bonheur des oiseaux. Cassique, kikiwi, merle et plein d'autres. Il y aura même un toucan (un araçari pour les connaisseurs) mais à contre-jour.








Après ce bain et une petite promenade il est temps de rejoindre Franck et son épouse Sabrina pour notre repas du soir. Nous sommes comme en famille et la cuisine faite maison avec les produits locaux est délicieuse. Ti ponch parfumé à la vanille, gratin de concombres poisson en entrée, crevettes au curry en plat et tarte à l'abricot pays en dessert. Et pour finir un vieux rhum bien sûr ! Quelle excellente soirée et maintenant au lit.

Nous avons passé une très bonne nuit dans un calme presque absolu. Surprenant au cœur de cette forêt !
Aujourd'hui nous visiterons les villages de l'embouchure mais auparavant nous allons parcourir le sentier botanique tracé en boucle au départ du gîte et qui longe en partie la crique Didier. 

Dès le départ, nous croisons un Jacquier et ses fruits imposants et peu après un coupoissou ou cupuaçu dont nous avons mangé le fruit en confiture le matin, un régal. Attention à ne pas confondre cette grosse cabosse avec du cacao !



Il pleut et la balade prend une autre allure car il faut sortir le parapluie. Dommage car nous ne profiterons pas de la lumière du matin qui apporte toujours de belles images comme pour ces fougères arborescentes qui auraient du nous montrer leur reflet bleuté.



Le sentier est agréable et après la crique il faut maintenant rejoindre la crête. Et puis aucune crainte de se perdre puisque Rebelle et Orage, les 2 malinois, nous ouvrent le chemin. Ils reviennent même sur leurs pas lorsqu'ils ne nous voient pas arriver. On compte sur eux pour nous débusquer un cochon-bois ou un agouti !


Orage et Rebelle en arrière-plan !

Rideau de lianes !

Original nid de guêpe !

Nous voilà arrivés au terme de cette petite randonnée et maintenant nous nous préparons à une longue journée sur la route du littoral à la découverte des villages de Mana, Awala-Yalimapo et Javouhey !


mardi 30 mars 2021

Saûl, au coeur de l'Amazonie guyanaise ! Dernier épisode

Montagne pelée et Gros arbres.

Notre avion est à 15 h et nous avons rendez-vous à 14 h sous le carbet central pour y être récupérés par la navette qui nous déposera à l'aérodrome moyennant 5 euros par personne. Nous profitons de cette dernière matinée pour enchaîner 2 balades courtes aux profils très différents. Commençons par la plus courte mais la plus raide, 20 min d'ascension du belvédère pour atteindre le sommet de la montagne pelée.

Nous quittons notre gîte et prenons immédiatement à gauche pour rejoindre le sentier qui débute à l'extrémité du chemin qui passe devant "Chez Lulu" où nous avons pris notre repas du soir le jour de notre arrivée.

Peu de transition, un petit pont et on s'enfonce dans un sous-bois pour attaquer franchement la pente. A froid, c'est chaud ! Toutefois cet effort est récompensé par la vue qui nous est offerte en arrivant au sommet.



Les derniers mètres nous font accéder à une terrasse couverte en bois construite sur un rocher. A cette heure matinale une légère brume s'élève au dessus de la forêt et pose un voile blanchâtre sur les maisons de Saül que nous apercevons en contrebas.


De l'autre côté la canopée à perte de vue avec un géant qui s'en est extrait.

Nous redescendons rapidement pour rejoindre l'autre sentier et apercevons dans la pente une magnifique cabosse de cacao. Elle n'est pas là pas hasard car nous longeons la propriété d'un couple de planteur de cacao "Guiana", l'espèce spontanée de Guyane. Nous n'aurons pas eu le temps de visiter cette propriété et c'est dommage car il y a dégustations de chocolat et de soupe créole dont nous ne connaîtrons pas la recette.

Maintenant que nous sommes échauffés, attaquons le deuxième sentier, celui de Gros arbres et à votre avis que pouvons-nous espérer voir ? Des gros arbres bien sûr.


Le début du parcours est plutôt boueux et pour cause, il est empruntable par les quads. Ce n'est pas très agréable pour progresser et on passe son temps à sauter d'un bord à l'autre du sentier. Enfin on retrouve de bonnes sensations et le plaisir de marcher. L'humidité reste présente et les infrastructures mises en place facilitent notre pérégrination. Pas de nature exceptionnelle pour l'instant, on devient difficile. 



Et comme souvent c'est le monde liliputien qui nous apporte ses petites merveilles. Toujours aussi remarquable !

Elle est pas belle la bête ?


Un panneau attire notre attention, "la boucle du sablier". Nous nous y engageons en prenant bien soin de garder notre équilibre et de ne pas glisser sur les "pas japonais". Quelle forme peut bien avoir ce sablier ? Un arbre sculpté ? Un rocher usé par le ruissellement ?

Vous voulez du remarquable et bien en voilà. En fait le sablier est une espèce d'arbre. Celui-ci fait 3 mètres de diamètre et c'est le plus grand spécimen recensé de Guyane. Ses autres noms sont Hura Crépitans ou Pet du diable ! En effet ses fruits éclatent littéralement au contact de l'eau lorsqu'ils tombent à maturité en faisant un son caractéristique. Nous ne pouvons pas hélas en témoigner !


Après le géant, retour au petit et c'est avec un grand plaisir que je vous présente une nouvelle grenouille, l'Atelopus spumarius, dite grenouille Arlequin, allez savoir pourquoi !


Et un fromager, un ! On se sent tout petit !


Il est pas beau le char d'assaut ?

Sauterelle prête à bondir !

Nid de guêpes !

Encore un géant !

La boucle est presque bouclée et il est temps de se remettre en condition. C'est peut-être un peu tôt car il reste la piste de quad à franchir.

Comme toujours au moment où on ne s'y attend pas, nous allons vivre un petit moment de poésie avec un magnifique Caligo dit papillon chouette. Pas farouche du tout il est d'abord attiré par mon chapeau sur lequel il se pose en toute tranquillité. Je peux bouger en douceur sans l'inquiéter. Le camouflage du couvre-chef y est sûrement pour quelque chose cependant il recherche manifestement des fleurs car maintenant il poursuit son vol délicat pour se poser sur le tee shirt jaune de Béatrice et là encore on peut le photographier sans se presser.

 

Son surnom de Papillon chouette est aisé à comprendre car on imagine bien l'apparition de ce volatile lorsque monsieur Caligo déploie ses ailes pour mettre en valeur sa livrée. En outre une autre caractéristique lui offre une protection supplémentaire et pour mieux s'en rendre compte j'ai mis pour cet article une photo de ce papillon prise à une autre occasion et beaucoup plus explicite. 

Je ne l'avais pas remarqué la première fois que nous avions aperçu ce papillon mais maintenant c'est flagrant. Je vous laisse quelques instants de réflexion avant de vous livrer le secret.

Vous avez trouvé ? Regardez bien la partie basse du papillon, et oui, un serpent apparaît clairement avec sa tête et ses épaisses lèvres à gauche. Je vous jure que je n'ai pas truqué la photo. La nature est exceptionnelle.
Encore quelques photos et il faut songer à rejoindre le gîte et récupérer nos bagages. Tout à une fin !


La navette est à l'heure et nous rejoignons l'aérodrome en 10 min.

Les formalités sont vites effectuées car nous serons 4 à embarquer et il n'y a plus qu'à attendre notre "taxi" devant cette belle fresque en mosaïque réalisée par les élèves de l'école de Saül en 2014.

"Taxi" à l'approche !

Et voilà fin de cet excellent séjour en terres vierges que nous recommandons absolument pour qui veut découvrir une facette unique de ce territoire ! Au revoir Saül !