dimanche 12 janvier 2020

Guadeloupe : le volcan de la Soufrière

2 Janvier 2020.
S'il y a bien un sommet à gravir en Guadeloupe, c'est celui du Volcan de la Soufrière, appelé La Découverte et pointé à 1467 m d'altitude. Le problème c'est de trouver la bonne fenêtre météo car avec 300 jours de nuages par an et une zone qui reçoit 10 m d'eau annuel qui en fait l'un des lieux les plus arrosés au monde, on a plus de probabilité de rester tout le temps dans le brouillard que d'apercevoir l'horizon à 360°.


Par ailleurs il est difficile aussi de faire confiance à la météo locale car en zone tropicale la prévision est rarement fiable aussi nous décidons de faire cette randonnée aujourd'hui en partant du principe que si le sommet est invisible au moment du petit-déjeuner (nous apercevons le volcan depuis notre terrasse) alors il se dégagera peut-être en début d'après-midi.




Nous partons vers 10 h et la première difficulté de cette ascension que nous n'avions pas prévue  du tout c'est... de trouver une place de parking. En effet le parcours principal a pour départ le site des "bains jaunes" qui se situe au bout d'une petite route disposant de peu de places et pourtant certains individus n'hésitent pas à laisser leur véhicule de telle façon qu'un croisement n'est plus possible. Nous prenons l'option de faire demi-tour avant le site du départ et de nous garer près d'un kilomètre plus bas. Bien nous en a pris car en remontant la route à pied nous assistons à un triste spectacle de véhicules manœuvrant bon an mal an pour atteindre désespérément le parking.



Comme vous avez pu le voir sur les premières photos, nous avons mis les ponchos dès le départ du véhicule car une grosse averse tropicale nous a souhaité la bienvenue sur le site. Comme vous l'avez compris La Soufrière est l'un des sites les plus visités même si la fréquentation a sérieusement diminué depuis le tremblement de terre survenu en 2004. Une autre conséquence de ce phénomène a  été la modification profonde du parcours d'ascension initial rendant désormais le circuit un peu plus long et surtout plus accidenté.

Pour la petite histoire n'oublions pas non plus l'éruption de 1976 qui obligea à l'évacuation totale de la population du Sud de Basse-Terre, tout cela pour dire que nous sommes sur un volcan actif surnommé ici "vié madanm la" soit "la vieille dame".

Malgré le nombre de véhicules nous n'avons pas du tout le sentiment d'être nombreux sur le sentier et la progression se fait tranquillement au début grâce à la mise en place de grandes dalles et d'escaliers, manifestement une habitude locale.

Nous atteignons l'ancien parking en ayant parcouru la trace du pas-du-roy puis maintenant l'ascension proprement dite peut commencer en empruntant un parcours rocailleux et très humide. Beaucoup de végétation rase et toujours la pluie. De temps en temps le brouillard se lève pour nous permettre d'apercevoir un peu plus loin que nos pieds. Nous sommes dans la zone dite de "la savane à mulet" et le sentier qui va nous conduire au sommet s'appelle "le chemin des dames".









Il y a de plus en plus d'éclaircies et le poncho est devenu inutile. Par contre le dénivelée est toujours aussi important et il faut toujours faire preuve de vigilance car le sol est vraiment glissant rendant les appuis très instables.  






Nous atteignons les 1350 m et passons devant une faille appelée l'éboulement Faujas, nom d'un célèbre géologue et vulcanologue de la fin du 18° siècle. Cette faille est née d'une explosion en avril 1798 après plusieurs semaines de manifestations éruptives. Bientôt l'intersection qui indique la montée finale et le brouillard qui revient régulièrement nous empêche d'apercevoir la partie sommitale. Avec les nuages c'est aussi le vent qui se manifeste de plus en plus, heureusement il n'est pas froid et pas besoin de se couvrir plus pour l'instant.















Encore un dernier effort en y mettant les mains car le vent souffle et le sol est toujours aussi glissant. Bientôt le sommet et ses 1467 m que nous atteignons après 1 h 45 de randonnée, près de 600 m de dénivelée et 4 km parcourus. Pour l'instant nous sommes encore dans les nuages mais grâce au vent fort il y a de temps en temps une trouée dans laquelle nous entrapercevons la côte et la mer. Nous restons sur place une trentaine de minutes car nous espérons voir la zone volcanique avec ses fumerolles. Le bruit du vent est important mais malgré tout on entend très clairement le grésillement des acides bouillonnants que nous ne pouvons que deviner mais qui nous fait quand même ressentir toute la puissance du volcan. 


Notre patience est récompensée car soudain un coup de vent plus fort que les autres balaye totalement le sommet de ses nuages et le gouffre apparaît enfin laissant entrevoir clairement les fumerolles sulfureuses, preuves de l'activité du volcan. Moment magique qui mérite l'effort fourni pour atteindre ce dôme de lave.




Ananas rouge montagne !

Toute les bonnes choses ont une fin et il nous faut bien songer à redescendre. Les conditions climatiques vont s'améliorer progressivement et le beau temps va finir par arriver amenant avec lui sa chaleur ce qui nous a conforté dans l'idée d'être parti au bon moment, même sous la pluie, car une ascension au soleil doit être particulièrement pénible. Avec le beau temps c'est aussi un ciel bleu qui s'offre à nous et nous avons alors accès à une palette de couleurs plus éclatantes et à tout un jeu de véritables cartes postales.











De retour à l'ancien parking, nous nous offrons une pause bien méritée sous l’œil bienveillant de "la vieille dame" et pensons déjà au bain dans l'eau tiède qui nous attend dans quelques minutes de descente supplémentaires au lieu-dit "Bains jaunes". Il s'agit d'un bassin de pierre construit sous l'époque coloniale et qui recueille l'eau sulfureuse du volcan à environ 25-26°. Idéale pour se remettre en condition après cette ascension. Nous reprenons donc la descente avec entrain non sans croiser notre premier animal, une mangouste grise tranquillement posée au milieu du chemin. Pour information, ce charmant mammifère d'origine indienne fut introduit en 1888 pour chasser les rats qui dévastaient les champs de canne à sucre. Effet garanti mais désormais les œufs de tortue marine doivent être protégés et deux espèces de couleuvre auraient disparu de l'île.










Enfin la voiture et un retour rapide à notre hébergement situé 15 minutes en contre-bas. Maintenant nous nous remettons en condition avec déjà de belles images dans la tête. Le volcan de la Soufrière fait désormais parti de nos objectifs atteints.


Une petite vidéo pour vous montrer le bruit au sommet et les fumerolles sulfureuses.





Guadeloupe : passage à l'an 2020

Que pourrions-nous faire pour marquer le passage à l'an 2020 ? Et bien nous prenons le vol Air France 601 de 12 h 25 et 3 heures plus tard nous atterrissons à Pointe à Pitre en Guadeloupe. Nous sommes le 31 décembre 2019.
Prise de la voiture de location et sans plus attendre nous filons direction Basse-Terre pour rejoindre avant la nuit la petite ville de Saint Claude située sur la côte Ouest de l'île. Mais avant de trouver notre futur logement chez l'habitant, il nous faut acheter de quoi réveillonner !

Vers 18 h nous arrivons chez nos hôtes qui nous accueillent avec beaucoup de gentillesse et prenons possession de notre "petit chez-soi" pour 5 nuit. Nous pouvons désormais préparer notre passage à l'an 2020.

Nous profitons de la terrasse toute la soirée car la température est très agréable et il n'y a pas de moustiques à cette altitude (280 m), c'est la marque de fabrique de Saint Claude. Petit repas sous un ciel étoilé aux seuls sons des grenouilles et des sauterelles, voilà une transition parfaite entre 2 années. Meilleurs vœux à tous !

1° janvier 2020. Levé vers 7 h et hop dans mes baskets pour mon traditionnel footing de la Nouvelle Année. Oh ! juste un petit tour de 4 km en essayant de rester au maximum à plat dans un village tout en longueur et surtout tout en hauteur. Après ce réveil musculaire véritable rampe de lancement des futures bonnes résolutions, je retrouve Béatrice pour un bon petit déjeuner pris sur la terrasse que nous fréquenterons pendant l'intégralité du séjour.

Nous avons organisé notre séjour en 2 parties. La première sera consacrée à la randonnée "tropicale" d'où le choix de Saint Claude situé dans le parc national de la Guadeloupe au pied du volcan de la Soufrière et la deuxième concernera l'aspect plages et cocotiers de l'aile du papillon guadeloupéen positionnée au Nord-Est.


Pour aujourd'hui au programme Les Mamelles, 2 petits sommets situés au coeur de Basse-Terre proche de la route de la Traversée qui relie la côte Ouest à la côte Est. Il faut savoir que cette route  carrossable qui relie Petit-Bourg à Pointe Noire n'est ouverte que depuis 1967. Nous prenons la route du bord de mer et empruntons la nationale 2 en passant par les villes de Basse-Terre, Baillif, Vieux-Habitants, Bouillante puis juste après la plage de Malendure nous bifurquons plein Est par la D23 pour rejoindre notre site de randonnée.


Un parking permet facilement de garer le véhicule le long de cette route tortueuse et nous sommes rapidement à pied d'oeuvre. Première "ascension", la mamelle de Pigeon dont le sommet culmine à 768 m. La distance à parcourir est faible, 1 km, mais 175 m de dénivelée nous attendent. S'il n'y a pas de réelles difficultés, il faut tout de même faire attention car nous sommes en ambiance tropicale ce qui signifie chaleur, air très humide et surtout sol toujours glissant. Le départ est facilité par la mise en place de grandes dalles et d'escaliers mais rapidement nous retrouvons un terrain que nous connaissons bien formé de pierres et de racines. 




Nous sommes en terrain conquis ici en matière de végétation et d'atmosphère, la seule différence fondamentale concerne le pourcentage de la pente et cela fait toute la différence.  


Le premier "sommet" est gravi en moins de 30 minutes (photos comprises) et nous profitons de quelques petites éclaircies pour apercevoir la côte et la mer à l'horizon mais le temps n'est pas vraiment au beau ! Retour à la case départ par le même chemin, petit déplacement du véhicule puis démarrage du 2° sommet. Cette fois il s'agit de la Mamelle de Petit-Bourg qui pointe à 716 m d'altitude. 1,5 km nous attend pour 160 m de dénivelée. 



Nous sommes sur le même terrain et il faudra vraiment atteindre la partie sommitale pour avoir une vue sur le territoire et notamment Grande-Terre.
Vue vers Grande-Terre !


Vue de la Mamelle de Pigeon !
1 h 20 après notre départ nous sommes de retour au parking et maintenant nous allons chercher un coin pour pique-niquer car après tous ces efforts la faim se fait sentir. La route de la Traversée possède de nombreux sites aménagés et nous allons chercher celui intitulé "Cascade aux écrevisses". Nous l'atteignons rapidement et effectivement le coin est connu car il y a de nombreuses voitures garées à proximité. Nous prenons le nécessaire avec nous puis nous nous dirigeons tout d'abord vers le site de la cascade lui-même où un bon bain va être le bienvenu. L'eau est claire et surtout bien fraîche mais pas une écrevisse à l'horizon ! Après cette remise en condition stimulante, nous rejoignons une partie isolée de la rivière et nous y installons pour faire notre pause repas. Quelle sérénité !


Coulicou à bec jaune !
Après cette pause repas nous reprenons la route pour atteindre le Nord de Basse-Terre et ses plages vers Sainte-Rose et Deshaies.  Après la forêt tropical nous changeons de décor et cette fois nous arrivons véritablement en campagne avec des arbres bas, de la végétation arbustive et des animaux plus communs comme des vaches. 

Escale à la plage des amandiers où nous allons prendre notre premier bain de mer avec son eau claire et tiède. Nous sommes dans la carte postale !


Le temps se couvre un peu mais nous faisons halte aussi à la plage de Clugny. Petite pause  qui nous permet de prendre un verre sous une paillotte les pieds dans l'eau avec des cocotiers au premier plan. Quoi demander d'autre ?


Il faut songer à rentrer car la nuit tombe vite et nous avons de la route pour rejoindre Saint-Claude. Deshaies, Pointe-Noire et nous voilà revenus à l'embranchement avec la route de la Traversée, encore une bonne heure car c'est la seule route mais on ne se lasse pas du décor permanent et sans cesse renouvelé qui s'offre à nous.



Voilà une bien belle première journée en Guadeloupe !



dimanche 5 janvier 2020

Meilleurs voeux 2020

Et voilà 5 mois de passés en Guyane et c'est déjà le moment de vous souhaiter à tous fidèles lectrices et lecteurs une très bonne et heureuse année 2020.