vendredi 11 octobre 2019

Saint Georges de l'Oyapock et le saut Maripa - Fin

Réveil au chant des oiseaux et du coq.

La nuit s'est plutôt bien passée même si l'endormissement fut compliqué du fait de notre groupe de brésilien qui a parlé un peu fort et mis de très longues minutes à se dire bonne nuit. Boa Noite... Boa Noite...
Après un petit déjeuner à base de produits locaux plutôt gras (beurre très jaune, pâte de chocolat, confiture inconnue) et du vrai café... en poudre, notre guide arrive avec sa pirogue et nous embarquons direction le saut Maripa où nous passerons la journée au bord de l'eau.
Mais auparavant, comme toujours il nous faut aller récupérer soit du carburant, soit l'alimentation...comme en Afrique.
Nous remontons donc le fleuve Oiapock jusqu'à Oiapoque, la ville brésilienne de la région de l'Amapa qui fait quasiment face à St Georges. Désormais un pont relie les 2 villes mais cela n'empêche pas la noria de pirogues qui emportent pèle-mêle marchandises et passagers. Le pont a été inauguré en mars 2017 et au début il n'était pas ouvert en permanence. Depuis le mois d'août de cette année on peut passer en voiture particulière tous les jours entre 8h et 18h.

Nous accostons au Brésil et notre guide nous propose alors de faire un tour en ville car il a besoin de plus de temps pour préparer la journée. Il nous amène d'abord chez un menuisier qui "tourne" des objets à partir de nombreuses variétés de bois mais pas de chance il n'a rien en stock, tout est parti sur...Cayenne.

Nous rejoignons une petite boutique de souvenirs où nous pourrons néanmoins admirer de beaux objets en bois mais aussi de superbes sandales sculptées dans du pneumatique Michelin ou Hutchinson.

Le guide nous dépose alors au centre-ville où nous nous promenons tranquillement en attendant qu'il recueille tout le nécessaire. Nous passons dans un marché très coloré avec des amas de fruits et de marchandises parfaitement empilés dont la fameuse semoule de manioc, véritable plat national qui tient au corps.


Nous profitons de l'ambiance musicale et de l'esprit décontracté de ce petit bout de terre brésilienne en prenant un café sur une terrasse animée puis reprenons notre petite balade qui nous ramène tout doucement vers le quai où se trouve notre pirogue.

Notre guide nous attend et nous embarquons cette fois pour prendre la direction du saut Maripa. Nous avons environ une trentaine de minutes de pirogue avant d'arriver sur place et nous pouvons alors profiter des paysages de bord de fleuve.











Nous commençons à apercevoir les premiers remous mais juste avant d'arriver notre guide nous montre les rails qui sont installés au pied des rapides et qui permettent de faire franchir des marchandise, des pirogues et autres kayak en amont du fleuve.

Cette fois nous y sommes. Bienvenue au saut Maripa. D'après les manuels, ce saut est l'un des plus beaux de Guyane. Végétation luxuriante, paysages de roches rongées par les eaux tumultueuses. Nous débarquons quasiment au milieu du fleuve sur un espace rocailleux que nous escaladons pour atteindre un point de vue exceptionnel. On comprend mieux les difficultés pour les piroguiers qui pourtant arrivent à franchir ce monstre à la saison des pluies lorsque le niveau d'eau est suffisamment élevé pour cacher la roche. Voici une petite vidéo pour montrer l'adresse de notre guide.






Mais finie la balade, maintenant place à la baignade dans un jacuzzi géant, y-a-t-il des volontaires ? On saute du bateau ou de la berge ? La suite en images.


Après ce bain particulièrement vivifiant, tout le groupe est débarqué sur une autre zone rocheuse et boisée. Cette fois le lieu est propice à une baignade sereine et chacun va trouver son bonheur car il y a de très nombreux spots plus beaux les uns que les autres. Nous nous installons aussi pour y manger car un barbecue est prévu. Au menu spécialités brésiliennes, steak, riz, semoule de manioc ou kwak en créole guyanais, haricots rouges, saucisses brésiliennes légèrement épicées et la sauce chien  à base d'oignons et de fines herbes. Sans oublier l'inévitable "Caïpi", un équivalent du ti-ponch où le rhum est remplacé par la cachaça.




Après ce bon repas, petite baignade ou sieste à l'ombre puis le guide nous propose une promenade digestive qui doit nous permettre de rejoindre l'amont du saut. Nous rembarquons pour 5 minutes de pirogue et nous mettons pieds à terre pour entamer le circuit forestier. Une vingtaine de minutes plus tard nous retrouvons une berge de cet îlot central et après le bouillonnement sonore du pied du saut c'est désormais un léger bruissement qui nous accueille.

Nous progressons maintenant à travers un réseau de roches pour atteindre finalement une zone de baignade calme qui nous tend les bras. Bien évidemment on va en profiter car on l'aurait presque oublié mais il fait vraiment très chaud et déjà les coups de soleil sont au rendez-vous.

De retour au camp de base, il est temps de rentrer sur Oiapoque où nous avons prévu de prendre notre dîner dans un restaurant avec tout un ensemble hôtelier que nous aurons sûrement l'occasion de tester lors d'un prochain séjour. Mais auparavant, nous rejoignons un troisième emplacement situé au cœur du saut pour profiter une dernière fois d'un magnifique panorama.



Au chalet paradis,  c'est le nom du complexe hôtelier où nous allons prendre notre repas. Il dispose de nombreux bungalows parfaitement équipés, l'ensemble posé au sein d'un parc arboré où se promènent tranquillement de très beaux spécimens d'oiseaux comme la Pione à tête bleue ou l'ara.


La soirée va passer tranquillement et la nuit est tombée lorsque nous prenons une pirogue taxi pour nous ramener à l'Ilha do sol pour notre deuxième nuit. Elle devrait être plus calme car le groupe de la veille est partie.
Réveil dans le brouillard. Très surprenant car à ce moment-là nous n'apercevons plus les berges et l'ambiance est fantomatique. Nous attendons le petit-déjeuner et  notre piroguier qui bientôt doit nous déposer à Saint Georges. Au fait, la nuit fut aussi perturbée par un peu de boum ! boum ! Et oui, le samedi soir c'est la fête au Brésil à Oiapoque et 1 km à vol d'oiseau sur un fleuve ce n'est pas un obstacle pour les décibels crachés par des enceintes monstrueuses. 
Nous reprenons la route pour atteindre vers midi l'auberge de l'Approuague où nous attend le maître de maison qui a concocté juste pour nous un délicieux repas  à base de terrine d'acoupa et de cochon-bois puis un poisson torche (péché juste en dessous dans le fleuve Approuague bien sûr) accompagné d'un sublime gratin de papayes, comme plat principal. Et pour finir en beauté une aumônière avec sa crêpe maison et une glace vanille.  Un régal !


J'ai failli oublier ! Lors de l'emprunt d'une petite route en latérite nous avons du attendre que monsieur le serpent Micrurus Psyché veuille bien traverser. On accepte volontiers d'être patient dans ces moments-là !
Près de 2 mètres !




Il est prêt de 17 h lorsque nous touchons Cayenne avec des nouveaux souvenirs plein la tête. Très belle virée dans l'Est guyanais.





mercredi 2 octobre 2019

Saint Georges de l'Oyapock et le saut Maripa - Episode 1

20 août 2019, Béatrice atterrit sur la terre de Guyane à 17 h et après quelques péripéties (porte d'avion bloquée, escalier de débarquement qui refuse de démarrer et enfin tapis roulant pour bagages en panne) elle finit enfin par me rejoindre à l'extérieur de l'aéroport par une température de 38°. Le séjour peut commencer.

Et quoi de mieux que de partir immédiatement à la découverte de ce territoire. Pas immédiatement je veux dire après 2 jours d'acclimatation et une récupération partielle du décalage horaire car en fait, après les chûtes Voltaire, une partie de notre groupe part cette fois vers le Sud-Est, direction Saint Georges de l'Oyapock et la frontière brésilienne. Afin de faciliter ce premier séjour, il ne s'agira pas de crapahuter en forêt et dormir en hamac mais de remonter l'Oyapock de Saint Georges au saut Maripa en pirogue, de profiter des plaisirs de l'eau et de dormir dans un lit, certes rustique, mais dans un lit.

23 août 2019. Vendredi 13 h

Les sacs sont prêts et nous embarquons à bord de nos véhicules pour prendre la RN2 et parcourir les 190 km qui séparent Cayenne de la frontière brésilienne. La route est très bonne et à part une petite portion qui devra être refaite il n'y a aucune difficulté. Nous faisons une pause à mi-chemin du côté de Régina pour repérer une auberge au bord de la crique Approuague et nous assurer que nous pourrons y prendre notre repas du midi le dimanche du retour. Après une courte négociation, le patron accepte volontiers de nous ouvrir son restaurant à ce moment-là. Nous serons donc 6 à table !

Nous poursuivons notre périple et le décor est celui de la forêt équatoriale avec ses grands arbres et une route qui s'enfonce par moment dans de véritables tunnels formés par les bambous géants qui colonisent rapidement de grands espaces. Il y a aussi beaucoup plus de montées que sur la route de l'Ouest ce qui rend la conduite moins monotone.


Nous arrivons à Saint Georges après un peu plus de trois heures de route. Quand on pense que ce petit bourg d'environ 4000 habitants n'était joignable que par avion avant 2003, c'est difficile à imaginer. Historiquement, c'était un poste avancé de la colonisation dès le XVII° siècle dans une région essentiellement rurale jusqu'à ce que l'or lui donne un nouvel essor ainsi que l'activité forestière avec le travail du bois de rose. 

Nous laissons maintenant la voiture pour la pirogue car notre logis se trouve exactement au milieu du fleuve sur une petite île de sable, bienvenue à L'ila do sol, l'île du soleil. Ce carbet bleu sur pilotis est comme un bateau immobile et lorsque la marée le cerne nous sommes prêts à larguer les amarres.



Nous débarquons donc de notre pirogue pour embarquer sur notre paquebot de croisière fantôme. Nous sommes en territoire brésilien et maintenant il faut parler portugais pour être compris. En fait la patronne a reçu tellement de français que nous arrivons à nous faire comprendre facilement et en peu de temps la chambre nous est attribuée tandis que le reste de la tribu tend ses hamacs dans la partie centrale du carbet.

La chambre est rustique mais avec un confort suffisant et nous avons même un lavabo privatif avec vue sur la mangrove qui entoure notre carbet. Pour la douche et les toilettes il faudra utiliser les parties communes.

Une grande terrasse permet de prendre les repas avec une vue imprenable sur le fleuve et ses deux rives. 
Côté France

Côté Brésil


Une fois installés, nous allons maintenant profiter d'un apéritif maison puis d'un repas à base de riz et de ragoût le tout en observant le soleil qui décline et qui bientôt disparaîtra à l'horizon. On semble seul au monde... enfin presque car l'établissement est complet et un groupe de brésilien est aussi présent. 




Vers 21 h, nous envisageons de nous coucher d'autant que Béatrice a encore du décalage horaire à récupérer. Et c'est parti pour une première nuit transfrontalière, original non ?