samedi 7 novembre 2020

Il était une fois... (4° partie) : Sentier Trésor et des coqs des roches et repas au Camp Caïman

Après 4 jours de découverte je pense qu'il  est temps de faire souffler tout le monde aussi la journée du 26 octobre sera consacrée à des promenades dans Cayenne, un petit repas typique en soirée, place des palmistes, le fameux Madras de Chez Momo (un gros hamburger) et pourquoi pas un peu d'autos-tamponneuses.









27 octobre. Après cette journée cayennaise "normale", l'appel de la forêt est plus fort que tout aussi aujourd'hui ce sont 2 sentiers au programme. On retourne sur la piste de Kaw pour faire la boucle du sentier de la réserve Trésor et enchaîner avec le chemin des coqs des roches. Avec ce type de sentier on renoue avec la forêt dense et le sentiment d'isolement est très fort. Heureusement le chant des oiseaux est là pour nous rappeler qu'il y a de la vie et comme souvent il faut être vigilant, patient et observateur pour apercevoir les petites bêtes qui grouillent tout autour de nous. 





2 premières découvertes, une grenouille feuille et un hanneton. J'espère que nous trouverons la grenouille fluo, nous leur en avons tellement parlé.


Le sentier Trésor est aussi remarquable pour sa végétation et la taille de ses arbres. Comme souvent les lianes offrent des formes uniques et la canne Congo avec sa croissance en spirale est une merveille d'adaptation pour permettre à toutes ses feuilles de profiter de la lumière.



Canne Congo


Nous allons parcourir le sentier Trésor en un peu moins de 1h30 et pas de grenouille fluo, comme tout le monde est en forme alors on se dirige tout de suite vers la seconde rando du jour, celle des coqs des roches. En 20 min de voiture  on parvient au début de la piste et il nous faut le même temps pour atteindre la zone de reproduction. Pour l'instant rien en vue et là encore la patience est de mise et de toute façon rien n'est garanti car nous sommes tout juste au début de la période pendant laquelle cet oiseau est censé revenir sur ses terres de prédilection (octobre à avril). Il y a bien quelques bruits mais le volatile ne se montre pas. La chance est avec nous aujourd'hui, une première tâche orange vient d'apparaître puis une seconde. Bientôt notre patience est récompensée. Cette fois pas de doute il s'agit bien de coqs des roches et même s'ils sont un peu loin pas d'erreur possible. Encore une belle rencontre exceptionnelle !

Il est bientôt midi et on a tous faim et soif. Nous reprenons le véhicule pour une petite dizaine de minutes et parvenons à l'auberge du camp Caïman où nous avons réservé notre déjeuner. L'endroit est bien entretenu et nous serons les seuls hôtes du jour. Quel bon moment sous cette tonnelle à l'ombre à siroter une boisson fraîche et en plus cela aura été l'occasion de découvrir un nouveau mets local, du ragoût de cabiai avec riz et haricots rouges bien sûr.




Si nous avions eu nos hamacs je crois qu'une sieste aurait été la bienvenue mais voilà que la patronne nous indique l'existence d'un sentier privé qui descend pendant une quinzaine de minutes et qui finit par atteindre une crique. Même si c'est la saison sèche, elle pense qu'il y a peut-être un peu d'eau. Il n'en faut pas plus à nos aventuriers du jour pour se lancer à nouveau à travers la forêt avec l'espérance d'un bon bain. On peut toujours y croire ! 



La descente est raide mais personne ne pense manifestement au retour et bientôt le son léger de l'eau qui coule nous accompagne. Il n'y a pas beaucoup de débit et rien n'indique la présence prochaine d'une piscine olympique. Cependant on poursuit le chemin et là encore la récompense est au bout de notre persévérance. Petit bruit de cascade et soudainement nous apercevons en contrebas de ce filet d'eau une petite zone propice à une baignade. Evidemment nous gardons tous nos chaussures car il y a très peu de visibilité mais la tentation est trop grande alors tous à l'eau. Après ce premier intermède nous profitons aussi d'une belle vasque taillée dans la roche pour un autre bain de pieds cette fois et ensuite nous reprenons le chemin du retour qui se fera sans difficultés. A croire qu'une baignade au cœur de la forêt tropicale suffit à faire oublier le pourcentage d'une pente. Sûrement les bons esprits de la forêt !


Et comme les bons esprits sont avec nous, nous aurons l'agréable surprise de voir la fameuse grenouille fluo jaune et bleu juste avant notre sortie du sentier. Que du bonheur !





mercredi 4 novembre 2020

Il était une fois... (3° partie) : Le Camp Cisame

 24 et 25 octobre 2020.

Nage en océan avec des tortues, baignade avec un bébé caïman dans les 2 mètres d'eau d'un marais, nourrissage d'un singe capucin, promenade en forêt tropicale sur un sentier large. Pas mal ! Mais il est temps de passer aux choses sérieuses. Alors prenons la direction du Camp Cisame pour une immersion un peu plus intensive en milieu équatorial.

Jour 3. Réveil 6 h. Départ 7 h pour Régina. Là première surprise, il faut emprunter une pirogue car après 2 heures de route il faut maintenant remonter l'Approuague sur... 2 h. En effet le niveau du fleuve est bas et le passage des sauts se fera au ralenti.



Avant d'embarquer, une petite visite du musée de Régina nous donne un aperçu de la culture locale.

Il y a trois pirogues aujourd'hui pour aller au camp aussi nous pouvons de temps en temps apercevoir nos compagnons de jeux pour ces 2 jours.

Fruit du Wapa

Au bout d'une heure environ les premiers affleurements rocheux apparaissent et les piroguiers redoublent de prudence. Nous avons la barque la plus puissante aussi nous allons pouvoir rester en permanence à bord et franchir les sauts sans avoir à descendre comme devront le faire les autres personnes. Rien à voir avec notre dernier séjour ici ! Notre piroguier fait preuve d'une exceptionnelle adresse pour manœuvrer son embarcation au milieu de tout ce dédale de cailloux. En même temps cela fait 30 ans qu'il pratique le fleuve, tout de même cela reste impressionnant surtout lorsqu'il immobilise la barque au milieu des eaux bouillonnantes pour la laisser prendre la meilleure position avant de remettre les gaz et franchir le saut tout en douceur ! L'expérience marque déjà les esprits.




Nous y sommes, toute la petite famille débarque et commence à s'approprier le camp grâce à une visite rapide avant un apéro bien mérité, il faut bien se remettre de toutes nos émotions. Le coin "toilettes" fait aussi son effet.









Pendant le repas notre hôte nous a présenté le programme et par conséquent fin des secrets ! Ce qui nous attend cet après-midi incite d'ailleurs la plupart d'entre nous a découvrir les joies du hamac, une première pour beaucoup.


Que les jeux du cirque commencent ! Gladiateurs à vous de jouer ! Ne croyez pas que j'exagère (bon un peu quand même) mais on entre maintenant dans le vif du sujet. D'abord une petite marche d'un kilomètre en remontant le long du fleuve pour découvrir quelques curiosités botaniques et surtout commencer à patauger dans des eaux sombres où chaque pas doit être mesuré pour ne pas "disparaître" dans une boue visqueuse. Meylina ouvre la piste et se montre très téméraire à ce jeux là.


Après cette marche forestière nous entendons une pirogue remonter le fleuve et la deuxième partie peut commencer. Une distribution de gilets de sauvetage ôte tout doute à ceux qui en auraient encore, le fleuve Approuague réclame son dû. Alors tous à l'eau ! Et c'est en un groupe constitué que nous foulons les quelques mètres de vase pour rejoindre les eaux profondes. C'est très rafraîchissant et il n'y a presque pas de courant. L'objectif est de rejoindre la berge opposée quelque part en aval après une quinzaine de minutes de nage facile. On est tous comme des Aïmaras dans l'eau...ou des anacondas mais personne n'y songe un instant à en voir les sourires, enfin je crois...








Et voilà la berge atteinte sereinement, dommage qu'il faille de nouveau marcher dans la vase. Nous reprenons une progression terrestre plus ou moins semée d'embûches comme un chablis tombé la semaine dernière et c'est de nouveau un franchissement humide qui nous attend. Cette fois une corde est tendue au-dessus d'un bras du fleuve et il faut rejoindre le côté opposé en s'aidant des bras bien allongé sur le dos dans l'eau. Encore un jeu d'enfants...surtout pour les enfants qui semblent parfois plus à l'aise que certains adultes.






Dernière partie en vue. Rien ne vaut un bon parcours d'obstacles digne des grandes personnes. J'en connais beaucoup qui s'en souviendront longtemps car le "rampée" était protégé par des fourmis rouges plutôt agressives mais personne ne s'est défilé. Félicitations à tous ! 



La nuit tombe bientôt et sous le couvert des arbres on rejoint la pirogue dans l'obscurité, encore un effort et bientôt c'est la douche dans la crique pour les plus courageux ou "Op'ticoin" pour les autres. Propres et secs on se retrouvent tous au carbet palabres pour démarrer la soirée devant un ty ponch avant un repas avalé avec faim. Cette journée va laisser de bonnes traces (de fourmis) et bientôt tout le monde s'endort au doux balancement du hamac.

Jour 4.
Le plus dur est fait car aujourd'hui c'est une journée de découverte de la vannerie et de l'orpaillage. Le petit-déjeuner permet à chacun de se remémorer ses exploits de la veille et manifestement la nuit, qui fut agréable,  a permis de ne garder que les bons moments. Un peu de pluie au réveil pour découvrir la facette "humide" de la météo puis le soleil revient sécher tout çà et remettre des couleurs dans notre environnement.





Prêt à devenir riche ? Alors prenons les battées et allons fouiller la crique. Manu l'amérindien ouvre les hostilités et commence à creuser la crique pour en extraire un sable plein d'or que nous allons petit à petit faire apparaître grâce aux mouvements précis réalisés avec la battée. Enfin grâce aux mouvements précis que réalise Manu car pour nos orpailleurs amateurs c'est une autre histoire. Mais il faut faire preuve de patience et bientôt les premières paillettes brillent au milieu du sable noir. Nous voilà riche !






Puis vient l'expérience du tressage de feuilles de palmes. Une fois de plus Manu nous montre son extrême habileté et surtout son exceptionnelle patience car il va permettre à tous les apprentis de réaliser leur panier. Il fait preuve de pédagogie et en ajoutant des anecdotes remarquables sur sa vie forestière il nous fait passer un très bon moment. Je ne me lasse pas de l'écouter. Quel bonhomme !



Riche et muni d'un joli panier, il ne nous reste plus qu'à laisser le temps filer comme file le courant du fleuve. Un peu de canoë, des plongeons dans le fleuve, un dernier repas et c'est le retour à Régina en 1 h30 de pirogue avec des souvenirs plein la tête. Cette fois c'est sûr, ils se rappelleront de la Guyane.